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Le 18 août dernier, dix soldats d’élite français sont tombés en Afghanistan, sous les balles des talibans, à l’issue d’un combat extrêmement violent, conclu au corps à corps. Et les Français ont soudainement compris que la France était en guerre. Depuis lors, les débats se multiplient dans les médias de l’hexagone. C’est l’occasion pour eGallo.eu de revenir sur l’année très difficile de l’armée française.
« Ils s’instruisent pour vaincre !» – Paris, le 14 juillet 2008 C’est la devise des élèves officiers d’active de l’armée de terre (saint-cyriens ou cyrards), formés à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, en Bretagne.
Il y a presque un siècle, le jeune Charles de Gaulle, devenu depuis le plus illustre des Français, portait exactement le même uniforme – avait-il alors des camarades de promotion noirs ou asiatiques ? Engagé dans les combats de la première guerre mondiale à la tête d’une section, gravement blessé et fait prisonnier en 1916 à Verdun, libéré en 1918 après cinq tentatives d’évasion, Charles de Gaulle a ensuite participé en Pologne à la formation des officiers de l’armée de Józef Piłsudski, qui a victorieusement combattu l’Armée rouge entre 1919 et 1921. « C’est parti pour trente bornes » – Territoire de Belfort, novembre 1997 En 1995, arrivant au pouvoir, Jacques Chirac a décidé de mettre fin à la conscription (le service militaire obligatoire), qui obligeait depuis des décennies chaque jeune homme français à consacrer au moins 10 mois de sa vie à l’instruction militaire. Cette photo a été prise au début d’une marche d’environ 30 kilomètres qui mettait traditionnellement fin au mois de formation initiale des jeunes appelés. Plus de dix ans après, 2008 restera comme une année noire pour l’armée française, désormais entièrement professionnelle : annonce par le gouvernement d’une réduction des effectifs et de nombreuses fermetures de régiments ; grogne des officiers ; accident effroyable ; combat meurtrier… rien ne lui aura été épargné. « Baïonnette au canon » – Paris, le 14 juillet 2008 Cette année, les casque bleus français étaient à l’honneur. Ces soldats, qui servent sous mandat de l’ONU, ont parcouru les Champs-Élysées pour la première fois sur leurs blindés peints en blanc.
Au début de l’été, au moment où le gouvernement décidait de réduire de 54 000 hommes, avant 2015, les effectifs de l’armée, plus de 17 000 soldats français étaient déployés dans 10 pays ou zones maritimes (Afghanistan, Bosnie, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Kosovo, Liban, Sénégal, Tchad, Océan Indien), pour mener à bien des missions de formation, de maintien de la paix ou de combat. « Dialogue au sommet » – Paris, le 14 juillet 2008 Général et colonel échangent quelques mots avant la mise en place des troupes. L’armée est surnommée en France la « grande muette », car il est interdit à ses membres de remettre en cause les ordres du pouvoir ou d’exprimer des opinions politiques. C’est ce que l’on appelle « le devoir de réserve ». Pourtant, pendant l’été 2008, un certain nombre d’officiers supérieurs, regroupés au sein d’un collectif baptisé « Surcouf », ont souligné publiquement, dans la presse, le mécontentement et les doutes des militaires face au projet gouvernemental de réorganisation des armées. « 511e régiment du train » – Paris , le 14 juillet 2008 Les hommes de ce régiment logistique défilent Famas (fusil d’assaut de la manufacture d’armes de Saint-Étienne) au poing, tout comme leurs camarades des unités combattantes.
C’est avec l’un de ces Famas qu’un sous-officier d’un régiment d’élite a blessé 17 personnes, dont 15 civils, le 29 juin dernier. Pour une démonstration publique, ce soldat pourtant particulièrement aguerri avait approvisionné son arme avec des munitions de guerre au lieu de cartouches à blanc. Le lendemain du drame, le chef d’état-major des armées a démissionné. Les circonstances précises de cette erreur impensable n’ont pas été rendues publiques à ce jour. « Une dizaine d’hommes » – Paris , le 14 juillet 2008 Les élèves de l’Ecole Militaire Inter Armes (EMIA) se préparent à défiler. Cette école permet aux meilleurs sous-officiers de devenir officiers. L’armée française, qui compte aujourd’hui 275 000 hommes et femmes, se vante de favoriser la promotion sociale. Ainsi, la moitié de ses officiers est issue du corps des sous-officiers. Pareillement, la moitié de ses sous-officiers est issue du rang.
Dix soldats. C’est le nombre des Français qui sont tombés, le 18 août, en Afghanistan, au terme de 12 heures d’un combat intense contre les talibans – l’un d’entre eux, au moins, a été égorgé après avoir été pris, blessé, par l’ennemi. Ces pertes sont les plus lourdes subies par les forces françaises dans une action unique depuis la guerre d’Algérie, qui ensanglanta la fin des années 50 et la moitié des années 60. « Une première pour Dame Carla » – Paris, le 14 juillet 2008 Trois jours tout juste après la sortie de son troisième album, Carla Bruni-Sarkozy assistait à son premier défilé militaire comme première Dame de France. Alors qu’elle attendait son mari, dans la tribune officielle de la place de la Concorde, elle était également présente sur les Champs-Élysées, où certains kiosques à journaux affichaient sa charmante image, en Une du magazine Elle. Nicolas Sarkozy, chef des armées (et à ce titre seul détenteur de l’unique force de dissuasion nucléaire indépendante d’Europe – l’utilisation de la bombe atomique britannique étant soumise à l’approbation de Washington) n’a lui fait que passer… | Illustrations : | Texte et photos par Nicolas Weinberg pour eGallo.eu, tous droits réservés. © Nicolas Weinberg, septembre 2008 Le site internet (Flickr) de Nicolas Weinberg.
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